'Kalendryé'

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Commentaires Récents

Mercredi 5 décembre 2007
Et heureusement! Je ne sais pas si vous vous souvenez de "Pierrette", mon élève de l'année dernière qui m'agaçait à longueur de temps sur internet. Pour ceux qui ont oublié, je vous renvoie à l'article du  19 décembre 2006 intitulé: Ne pas désespérer.
J'avais donc Pierrette en cours l'année dernière, mais c'est cette année un autre professeur d'anglais qui a la joie et le privilège de lui inculquer quelques notions sur la langue de Shakespeare. Pierrette me recontacte soudainement sur msn ce soir et voici le dialogue qui suit:

Pierrette: 

teacher

Prof:

Good evening!

Pierrette

good evening

Prof

How are you?

Pierrette

jparle en francais

(merci pour la précision, j'avais pas remarqué)

vous savez pas combien de moyenne que j'ai?

I fini thank you

Prof (j'ignore la dernière phrase qui m'est incompréhensible, et je suppose qu'elle veut que je devine sa moyenne)

In English, or general?

Pierrette

yes

Prof

"yes" in English or "yes" general

(pas de réponse, de toute évidence, elle ne comprend pas)

In English OR (=ou)  general?

Pierrette

yes genral

Prof (enfin, un éclair d'intelligence est passé, j'avance un bon chiffre, histoire de la valoriser)

11,5

Pierrette

je ve ma moyenne general c 11.5?

Prof (je comprends rien, pourquoi elle met un point d'interrogation?)

C'est une question que tu poses?

Pierrette

oui

pourquoi vous me dite 11.5?

Prof

Tu me demandes ta moyenne. Je suppose donc que tu veux que je la devine. Alors je propose une note.

Pierrette

non JE vous demende pour si vous savez

Prof (oh là là! Les pauvres profs de français)

Comment veux tu que je le sache? Je ne suis plus ton professeur

Pierrette.

ah dacor merci

Comment lui annoncer qu'il y a peu de chance qu'elle fasse les études de droit dont elle me parle tout le temps si elle n'essaie pas de réfléchir un peu plus!


 

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Dimanche 25 novembre 2007
Le premier novembre, est en Guyane comme en France une fête en l'honneur des proches décédés, mais l'esprit de cette célébration est complétement différent.
Pour commencer, les cimetières ne ressemblent pas vraiment à ceux de métropole. Il y a déjà moins de fleurs puisqu'elles dépérissent trop vite dans cette chaleur équatoriale. Et de nombreuses tombes ont un style beaucoup plus artisanal que les notres. Elles sont simplement recouvertes de carreaux de céramique, ou alors d'un rectangle de sable maintenu proprement entre quatre planches. Certaines croix semblent réalisées par les proches, paintes en blanc, portant un nom et deux dates gravés au couteau. Et entre tout ça, on retrouve nos éternelles plaques de marbre, qui reflètent ici un statut social plus élevé.
Nous étions à Saint-Laurent du Maroni le soir de la Toussaint et , la nuit tombée nous nous sommes dirigés vers le cimetière . Première surprise:  une organisation digne d'une fête foraine: rue barricadée, un policier à chaque entrée, deux stands de nourriture et de fleurs, et surtout, deux énormes enceintes placées au centre du cimetière, qui réjouissent l'ambiance à grandes envolées de musique religieuse. Les gens s'approchent des tombes avec de grands sacs qui semblent recéler mille trésors. Puis le rituel commence. On sort les fleurs en tissus, puis les bougies qu'on allume patiemment (il y en a parfois plus d'une dizaine par tombe) .  En quelques heures des milliers de bougies illuminent le cimetière! cimetiere.jpg Certains sortent une bouteille de rhum, en versent un peu sur le sol (et oui, les morts eux-aussi ont droit à leur gorgée), et on boit un  verre tous ensemble, autour d'une prière généralement suivie d'une bonne discussions. Les gens semblent heureux de se retrouver autour de ceux qui sont partis.
Nous sommes rentrés le coeur léger, bien décidés dorénavant à fêter nos morts dans la même joie!
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Lundi 12 novembre 2007
images.jpg En  Guyane on se sent parfois isolé culturellement parlant, alors lorsque j'ai lu une affiche annonçant le concert de Césaria Evora à Cayenne, mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai immédiatement réservé les places. L'attente fut longue, mais enfin, le lundi 29 octobre  est arrivé.
Dès 20h30, les musiciens ont commencé à jouer. Pas une minute de retard. Heureusement  la plupart des gens étaient arrivés en avance (ce qui est très très rare ici). Césaria est montée sur scène pieds nus. Avant même d'émettre le premier son, le public était déjà conquis. Elle a une superbe voix, qu'elle ne ménage pourtant pas. Au milieu du concert, elle s'est assise, a bu un verre d'eau et fumé une cigarette sur scène! Anna, une amie professeur de musique qui était là, était exaspérée à la sortie du concert!
Césaria n'est  pas ce qu'on appeler une bête de scène. A peine "bonjour", peu de dialogue avec le public, mais un charisme extraordinaire.  Sa voix ne peut laisser personne indifférent, et elle n'a besoin d'aucune fioriture  pour conquérir le public. Une grande, très grande dame  (pourtant petite physiquement).  Un seul reproche pour ma part: pas de différence entre les morceaux joués, et ceux enregistrés sur cds. Dommage, car un concert, c'est l'occasion unique d'entendre quelques variations sur les mélodies que nous connaissons si bien!
Enfin, cela reste un très très bon moment.

Besame, besame mucho.... la la la la la la...
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